Ferrari prépare cinq nouveautés, dont sa première électrique
À Maranello, l’ambiance est tout sauf paisible. Ferrari a confirmé le lancement de cinq nouveaux modèles en 2026, dont la toute première Ferrari 100 % électrique de l’histoire de la marque. Pour un constructeur qui a bâti sa légende sur la symphonie des moteurs thermiques, ce virage a tout d’un séisme. Mais même les ingénieurs les plus conservateurs ne peuvent ignorer la cadence de la technologie.
La stratégie a été dévoilée lors de la dernière présentation des résultats financiers de Ferrari et s’impose comme une réponse directe à la pression du marché et aux manœuvres de la concurrence. Pendant des décennies, la marque a forgé son identité sur la puissance brute du moteur à combustion. Dès mai prochain, ce récit bascule avec l’arrivée très attendue de la Ferrari Luce.
La Luce, qui devrait dépasser largement les 1 000 chevaux, incarne la volonté de Ferrari de marier modernité et tradition, sans renier l’une ou l’autre. Fait curieux, l’ancien patron du design d’Apple, Jony Ive, a participé à la conception de l’habitacle. Il a réintroduit des boutons physiques et une esthétique plus classique, à rebours du minimalisme tout-écran qui a envahi l’industrie. Ferrari veut manifestement que son avenir électrique reste familier dès le premier contact.
Mais la Luce n’est que la tête d’affiche. D’autres nouveautés sont prévues dans la gamme, même si la marque reste discrète sur les noms. Les rumeurs évoquent un restylage de la récente Amalfi, qui pourrait donner naissance à une version Spider. Autre piste : une nouvelle venue dans la très exclusive série Icona, dans la lignée de la Ferrari Daytona SP3. Si cela se confirme, les collectionneurs sont déjà sur le qui-vive.
Les amateurs de sensations fortes ne seront pas oubliés. La plateforme 12Cilindri semble prête à accueillir une déclinaison plus affûtée et allégée. Ferrari n’a jamais laissé une V12 d’exception sans une version encore plus radicale, et l’histoire montre qu’une variante plus bruyante, plus légère et plus rapide finit toujours par arriver.
Objectif : majorité électrique d’ici la fin de la décennie. La direction de Ferrari s’est fixé un cap ambitieux : d’ici 2030, les modèles électriques et hybrides devraient représenter 80 % des ventes totales. Il n’y a pas si longtemps, l’idée d’une Ferrari 100 % électrique relevait du blasphème. Aujourd’hui, c’est une nécessité stratégique.
Le développement de la Luce prouve que les ingénieurs de Maranello n’ont aucune intention de sacrifier le plaisir de conduite. La voiture disposerait de quatre moteurs électriques et d’une transmission intégrale, associés à une suspension active spécialement conçue pour l’électrique. L’objectif est limpide : même sans parfum d’essence, le caractère doit rester intact.
L’offensive de Ferrari pour 2026 ressemble à une manœuvre de survie calculée dans un monde où réglementation sur les émissions et prestige technologique avancent main dans la main. Pendant que certains concurrents tâtonnent encore avec leurs premiers SUV électriques de luxe, Maranello s’apprête à démontrer que le silence peut impressionner autant qu’un rugissement.
L’année à venir sera décisive. Ferrari saura-t-elle préserver son mythe sans pistons ni bielles sous le capot, ou la Luce restera-t-elle une coûteuse expérience qui brille sous le soleil italien ?