Škoda quittera la Chine dès cette année
Škoda cessera de vendre des voitures en Chine d’ici le milieu de l’année, sans que le groupe Volkswagen ne se retire pour autant de ce marché. Le groupe procède plutôt à une réorganisation de son portefeuille afin de libérer des capitaux et des ressources de développement pour les marques et plateformes encore capables de suivre le rythme du marché chinois de la voiture électrique.
Škoda a indiqué à Reuters qu’il poursuivra ses ventes en Chine avec son partenaire régional jusqu’au milieu de 2026, maintiendra ses activités après-vente, puis engagera sa prochaine phase de croissance en Inde et en Asie du Sud-Est.
Selon Reuters, les ventes de Škoda en Chine sont tombées à 15 000 voitures en 2025, alors qu’elles avaient dépassé 300 000 unités entre 2016 et 2018. Les chiffres de ventes 2025 publiés par la marque racontent la même histoire. La Chine a représenté 15 000 voitures, l’Inde 70 600 et le cœur de marché européen de la marque 836 200. La Chine n’apporte plus le volume qui justifierait le maintien d’une stratégie spécifique pour la marque.
L’entreprise a bouclé 2025 sur un chiffre d’affaires record de 30,1 milliards d’euros, un bénéfice d’exploitation de 2,5 milliards d’euros et une marge opérationnelle de 8,3 %. Les livraisons ont de nouveau dépassé le million d’unités et l’Europe s’est clairement imposée comme le principal centre de profit de la marque. Dans ce contexte, quitter la Chine reste financièrement gérable et difficile à contester sur le plan stratégique.
Dès 2024, Škoda s’était fixé pour objectif de vendre 100 000 voitures par an en Inde d’ici 2026 et de faire de cette région un deuxième pilier hors d’Europe. La direction retire donc des ressources d’un marché où la marque a perdu de sa pertinence pour les redéployer vers un autre où elle construit encore ses volumes.
La réalité est plus directe : Volkswagen ne considère plus Škoda comme la marque de pointe pour affronter le cycle technologique effréné du marché chinois. Reuters explique que des acteurs locaux comme BYD et Geely ont mis les marques étrangères sur la défensive, tandis que Volkswagen investit désormais en Chine principalement via de nouvelles solutions VW et Audi développées localement. La proposition de valeur de Škoda, efficace en Europe et autrefois aussi en Chine, n’offre plus aujourd’hui une différenciation suffisante dans la bataille chinoise de la voiture électrique.
C’est le véritable message de cette décision. Škoda ne quitte pas tant la Chine qu’elle ne reconnaît que son ancienne recette ne fonctionne plus depuis un certain temps.