1 000 kilomètres sur une seule charge, c’est désormais une réalité
BYD vient de dévoiler sa dernière démonstration technologique, une berline 100 % électrique Denza Z9GT, annoncée pour 1 000 kilomètres sur une seule charge. Ce n’est plus le genre de promesse cantonnée aux diapositives de laboratoire et aux présentations aux investisseurs. C’est un défi direct lancé à l’establishment du luxe en Europe et aux États-Unis.
Un nouveau palier pour la technologie des batteries
Au cœur du dispositif se trouve la Blade Battery de nouvelle génération. Les ingénieurs de BYD ont porté la densité énergétique à un niveau où la batterie ne transforme plus la voiture en coffre-fort roulant de matériaux rares. Le nouveau système s’appuie sur une chimie LFP, lithium fer phosphate, améliorée, longtemps appréciée pour sa sécurité et sa durabilité. Désormais, elle apporte aussi une capacité de premier plan.
Le chiffre phare de 1 000 kilomètres a été mesuré selon le cycle chinois CLTC, réputé plutôt généreux. Malgré tout, cela renvoie à une autonomie réelle d’environ 750 à 850 kilomètres dans des conditions de conduite européennes normales, de quoi traverser un continent avec seulement quelques arrêts de recharge rapides, et bien moins de cette vieille mise en scène de l’angoisse de la panne.
Aérodynamique, intelligence et base 800 volts
BYD n’y est pas parvenu en se contentant d’augmenter la taille de la batterie. La carrosserie profilée fend l’air avec une efficacité qui lui permet de glisser plutôt que de lutter pour avancer. L’ensemble repose sur une architecture électrique 800 volts, qui autorise la recharge ultra-rapide. En 15 minutes, le système peut ajouter assez d’énergie pour 500 kilomètres supplémentaires.
L’efficience, de toute évidence, n’a pas été traitée comme un détail. Toute la chaîne a été optimisée pour que l’électricité, coûteuse, serve à entraîner les moteurs plutôt qu’à se dissiper en chaleur perdue.
À bord, la technologie commence à s’habiller en luxe
L’habitacle reçoit l’écran rotatif emblématique de BYD, qui prend désormais des dimensions plus proches d’un écran de cinéma privé. Plus important encore, le logiciel qui l’anime. Un nouveau système d’exploitation intègre de l’intelligence artificielle pour adapter le comportement de la voiture à l’itinéraire prévu, en ajustant en permanence la stratégie de conduite afin d’arracher chaque dernier kilomètre à la batterie.
C’est plus déterminant qu’un écran surdimensionné, aussi spectaculaire soit-il. L’autonomie sur le papier fait les titres. Une autonomie gérée intelligemment, c’est ce qui rend la voiture utilisable.
Le diesel a-t-il perdu son dernier bastion ?
Les longs trajets étaient censés rester le dernier refuge du moteur thermique, l’endroit où les voitures électriques devaient encore arriver en s’excusant. Le dernier modèle de BYD s’attaque frontalement à cet avantage, avec très peu d’hésitation et encore moins de subtilité.
Si la promesse se confirme sur route, le débat ne porte plus sur la capacité des voitures électriques à aller assez loin. Il devient une question de temps, celui qu’il reste à l’ancienne garde pour faire comme si elle possédait encore l’horizon.