Le MG S9 PHEV s’attaque au marché européen des familiales
Derrière le blason britannique se trouve le géant industriel chinois SAIC, qui prépare sa prochaine étape dans son expansion européenne avec le MG S9 PHEV. Longtemps cantonnée aux compactes abordables et aux électriques au tempérament plus enjoué, la marque vise désormais le segment des grandes familiales. Le S9 ne promet pas une révolution technologique, mais une praticité sans détour à un prix serré, au prix de compromis.
Réalité technique, capacité de batterie face au poids
Le MG S9 PHEV repose sur une version allongée de la plateforme déjà connue sur le MG HS. Les ingénieurs ont étiré l’empattement pour caser une troisième rangée de sièges et rehaussé la ligne de toit afin de gagner en habitabilité. Le résultat évoque une familiale envoyée de force en école de finition SUV.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La puissance provient d’un moteur essence 1,5 litre turbo associé à un moteur électrique. L’ensemble doit déplacer une voiture qui pèsera probablement plus de 2 000 kilogrammes, avant même que quiconque ne monte à bord. Sur le papier, la batterie de 24,7 kWh annonce jusqu’à 100 kilomètres de conduite sans émissions. Dans la vraie vie, où la thermodynamique s’applique toujours et où l’hiver ne s’embarrasse pas des promesses de brochure, ce chiffre paraîtra presque certainement bien moins flatteur en Europe du Nord.
Une fois la troisième rangée rabattue, le coffre s’ouvre sur une cavité de 1 000 litres. Avec les sept places occupées, il tombe à 332 litres, de quoi loger sept paires de chaussures de ville, peut-être, mais pas les bagages de vacances de ceux qui les portent.
Malgré tout, l’Euro NCAP a attribué cinq étoiles au modèle. SAIC a largement recours à de l’acier à haute résistance dans la structure de caisse, un progrès bienvenu par rapport à la réputation de fragilité qui collait aux voitures chinoises il y a plusieurs décennies.
Un jeu stratégique sur les prix
Avec le S9, SAIC ne cherche pas à vendre de l’émotion ni un agrément de conduite à des acheteurs sensibles à la finesse d’ingénierie. Il vend du volume habitable et une couverture de garantie. Là où des rivaux comme le Kia Sorento et le Hyundai Santa Fe réclament nettement plus à équipement comparable, MG vise un tarif sous les 45 000 euros. C’est une stratégie de volume, tout simplement.
La démarche de MG s’appuie sur une hypothèse plutôt solide. L’acheteur moyen se laissera plus facilement convaincre par des sièges ventilés et massants et un toit panoramique que par un ressenti de direction subtil ou une transmission intégrale sophistiquée. La marque propose un luxe qui parle à ceux qui comptent les gadgets plutôt que les ajustements de carrosserie. C’est, au fond, la partie la plus habile du plan, un maximum d’impact visuel avec un minimum de complexité technique.
La grosse batterie du MG S9 PHEV a de quoi séduire, mais l’infrastructure de recharge et la météo hivernale imposent vite leurs limites. Un hybride rechargeable exige de la discipline. Sans wallbox à domicile, ce pack de 24,7 kWh devient à peine plus qu’un poids mort, trimballé par un moteur essence qui fait l’essentiel du travail en soupirant. Au cœur de janvier, ces 100 kilomètres d’autonomie électrique tomberont probablement de moitié. Au moins, la climatisation tri-zone apporte un peu de confort à ceux relégués à la troisième rangée.
Si les loyers en leasing des grands SUV commencent à malmener les budgets des ménages, le MG S9 PHEV pourrait devenir un succès inattendu. Il comble proprement le vide laissé par les monospaces abordables, une espèce que le marché a presque entièrement effacée.