Lotus prépare l’Emira à un V6 hybride et s’éloigne de Toyota et AMG
Lotus prépare une importante refonte technique de l’Emira. Le V6 Toyota et le quatre cylindres turbo Mercedes AMG devraient céder la place à un nouveau V6 hybride signé Horse Powertrain, signe d’un changement plus large dans la stratégie de la marque.
L’Emira en route vers une nouvelle motorisation
Lotus prévoit de remplacer la gamme actuelle de moteurs de l’Emira par un nouveau V6 hybride de 3,0 litres développé par Horse Powertrain, société détenue conjointement par Renault, Geely et Saudi Aramco.
Aujourd’hui, l’Emira propose deux moteurs : un V6 3,5 litres à compresseur d’origine Toyota et un 2,0 litres turbocompressé fourni par Mercedes AMG. Le nouveau V6 hybride devrait remplacer les deux et devenir l’unique motorisation du modèle.
Lotus ajuste sa stratégie électrique
Il y a seulement quelques années, Lotus comptait basculer rapidement vers une gamme entièrement électrique. Une demande moins soutenue pour les voitures électriques, combinée aux exigences particulières du marché américain, semble désormais avoir imposé une révision de cette trajectoire.
L’Emira restera donc en production plus longtemps que ce que Lotus avait initialement prévu. Cette sportive britannique devait être le dernier modèle thermique de la marque. Elle apparaît désormais davantage comme une passerelle vers l’ère hybride.
Les clients américains maintiennent le V6 en vie
Le marché américain pèse lourd pour Lotus, et la version V6 de l’Emira s’y est révélée particulièrement populaire. Cela aide à comprendre pourquoi le constructeur ne passe pas directement à une remplaçante électrique, mais cherche plutôt une solution capable de préserver le caractère d’une sportive à six cylindres tout en l’aidant à respecter des règles d’émissions plus strictes.
La boîte manuelle pourrait en faire les frais. Le système hybride de Horse est associé à une transmission hybride automatique, si bien que la disparition du V6 Toyota pourrait aussi signer la fin de l’option manuelle traditionnelle de l’Emira.
Analyse : Lotus gagne du temps
Lotus ne revient pas vers le passé. La marque s’adapte à la réalité. Une sportive entièrement électrique n’offre peut-être pas encore une réponse assez solide, commercialement ou émotionnellement, surtout aux États-Unis. Un V6 hybride donne à Lotus un moyen de prolonger la vie de l’Emira, de réduire sa dépendance à des fournisseurs de moteurs extérieurs et d’intégrer plus étroitement la voiture à l’écosystème de groupes motopropulseurs de Geely et Renault.
Pour les puristes, le coup le plus dur ne sera peut-être pas le changement de fournisseur moteur, mais la possible disparition de la boîte manuelle. D’un point de vue industriel, la logique est toutefois claire. Lotus conserve l’identité de sa sportive, puis l’adapte juste assez pour survivre aux nouvelles règles du jeu.