Xiaomi SU7 Ultra Nürburgring Edition
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Xiaomi SU7 Ultra : le rêve auto vire au cauchemar

Auteur auto.pub | Publié le : 05.02.2026

Xiaomi a débarqué dans l’automobile avec l’assurance d’une marque habituée aux succès éclairs. Les smartphones lui avaient appris que la vitesse et la taille pouvaient balayer n’importe quel marché. Mais le segment du luxe s’est montré bien moins docile : un tarif à cinq chiffres a refroidi l’enthousiasme des fans plus vite qu’une mise à jour logicielle. Après un lancement tonitruant du SU7 Ultra, les premiers chiffres de ventes ont révélé une réalité nettement moins flatteuse. La file d’acheteurs s’est évaporée plus vite que la voiture n’atteint sa vitesse de pointe annoncée.

Xiaomi a fait irruption dans l’automobile en présentant le SU7 Ultra comme une vitrine technologique, censée rivaliser avec les sportives les plus prestigieuses de la planète. L’ouverture des commandes a fait illusion : dix minutes après le lancement, la marque annonçait 6 900 réservations. Deux heures plus tard, le cap des 10 000 était franchi. Mais entre un clic d’excitation et un contrat signé, il y a un gouffre.

À la fin de l’année, les milliers de réservations s’étaient transformés en poignées d’unités, une chute plus gênante que glorieuse. En mars, Xiaomi se vantait encore d’une demande record. En décembre, les immatriculations du SU7 Ultra s’effondraient à 45 ou 49 exemplaires par mois. Comparé au pic printanier de plus de 3 000 unités mensuelles, la demande a été divisée par près de soixante-dix. Même si Xiaomi a, sur le papier, atteint son objectif annuel de 10 000 ventes, les statistiques masquent une vérité embarrassante : au second semestre, l’Ultra est devenu un produit marginal, poussé sans conviction par des vendeurs débutants.

Les chiffres ne disent pas tout. Le vrai problème, ce sont les « défis logiciels » évoqués poliment par les ingénieurs Xiaomi, que les clients appellent plus franchement des défauts de qualité. Lors d’une grande enquête chinoise sur la qualité des véhicules électriques début 2025, le SU7 a terminé bon dernier, modèle le plus défaillant parmi 29 testés. Dans la téléphonie, un bug disparaît avec une mise à jour. Dans l’automobile, la physique ne se négocie pas. Les propriétaires se sont plaints de tout : pare-chocs déformés, ajustements de carrosserie bâclés, bugs fantômes, voire voitures qui se déplacent toutes seules dans l’allée.

Le scandale des éléments décoratifs a particulièrement entaché l’image du modèle. Les conduits d’air en carbone, vantés comme fonctionnels et bénéfiques pour l’aérodynamique, n’étaient que du théâtre visuel. Ils ne refroidissaient ni freins ni moteurs. Pour des acheteurs déboursant près de 70 000 euros, la pilule ne passe pas. Des centaines ont exigé un rachat, estimant qu’à ce prix, le spectacle doit rester sur scène, pas sur une voiture.

Même les performances, si bruyamment mises en avant par Xiaomi, n’ont pas résisté à l’examen. Des tests indépendants ont montré que les freins surchauffaient après quelques tours en conduite sportive. Pour une voiture censée avoir signé un chrono record au Nürburgring, la question dérange. Xiaomi a d’abord réagi en bridant la puissance de plus de 600 chevaux via une mise à jour logicielle, histoire d’éviter les situations à risque. Les clients n’ont pas été dupes : personne ne paie pour quatre chiffres de puissance afin d’en utiliser la moitié.

Résultat : une image écornée que même la meilleure mise à jour ne pourra réparer. Le SU7 Ultra apparaît comme une voiture futée et rapide, mais trahie par une qualité d’assemblage indigne des ambitions d’un géant technologique. On a plus l’impression d’un jouet coûteux pour adultes que d’une vraie sportive.

Pendant que la concurrence observait la scène avec un sourire en coin, la direction de Xiaomi tentait de garder la face, invoquant la normalité du marché. Mais une telle dégringolade après le feu des projecteurs ne passe pas inaperçue. Même les fans les plus fidèles ont une limite budgétaire. Les chiffres de puissance et les accélérations spectaculaires ne suffisent pas dans un univers où l’héritage et le prestige pèsent plus lourd que la vitesse d’un processeur.

La leçon est limpide pour les nouveaux venus : l’automobile avance lentement, n’oublie rien et ne pardonne pas. C’est un monde bien plus impitoyable que celui des gadgets.


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