Maserati pourrait adopter des technologies Huawei et une caisse fabriquée en Chine par JAC, mais l’assemblage final resterait en Italie
Le prochain SUV électrique de Maserati pourrait avoir un cœur chinois. Selon des sources industrielles, Stellantis prépare avec Huawei et JAC deux nouveaux véhicules électriques : une GT de grande taille et un SUV de taille moyenne ou grande. Ils seraient commercialisés en Chine sous le nom Maextro et sur les marchés étrangers avec des badges Maserati. L’Allemagne, la France et l’Italie figurent parmi les premiers marchés européens visés.
Huawei fournirait l’électronique, JAC construirait la voiture
La répartition des tâches envisagée montre clairement à quel point l’industrie automobile a évolué au cours des cinq dernières années.
Huawei fournirait au projet son écosystème HIMA, le cockpit numérique, les systèmes d’aide à la conduite et les technologies de propulsion électrique. JAC serait chargé de l’ingénierie du véhicule et de sa production dans son usine Maextro. Maserati conserverait la responsabilité du design, de la mise au point du châssis et de la commercialisation internationale.
En Europe, la production des véhicules suivrait, selon les informations disponibles, le principe SKD. JAC fabriquerait la caisse en Chine et l’expédierait en Italie, où Maserati monterait l’intérieur, assurerait la finition de la voiture et procéderait au calibrage final du châssis. Ce plan contribuerait également à donner de l’activité aux sites de production de Stellantis à Cassino et Modène.
L’expression « Maserati chinoise » serait donc à la fois juste et trompeuse. Une grande partie de la base technique viendrait de Chine, mais Maserati chercherait à conserver la maîtrise des caractéristiques pour lesquelles les clients acceptent, en définitive, de payer le prix d’une Maserati.
Le projet ne se limite pas à un SUV
Selon les dernières informations, les partenaires prévoient deux véhicules entièrement électriques. L’un serait un SUV plus grand que le Grecale Folgore, tandis que l’autre serait une GT de grande taille. Maserati pencherait actuellement pour commercialiser d’abord la GT.
Les capacités exactes des batteries, les puissances, les autonomies et les dimensions ne sont pas connues. Rien ne permet non plus de supposer qu’une future Maserati serait simplement une Maextro S800 remaniée. Maextro donne néanmoins une idée du niveau technologique que Huawei et JAC visent déjà : la S800 évolue au sommet du marché chinois des voitures de luxe et est proposée en versions entièrement électrique et à prolongateur d’autonomie.
Maserati a cruellement besoin d’un partenaire
La raison de cette collaboration n’est pas compliquée. Les ventes de Maserati se sont effondrées. Selon Reuters, les livraisons de la marque sont tombées sous la barre des 8 000 voitures en 2025, tandis que sa perte d’exploitation ajustée a atteint 198 millions d’euros. Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a déjà confirmé que le groupe recherchait des partenaires industriels pour Maserati.
Huawei et JAC permettraient à Maserati d’éviter plusieurs étapes de développement coûteuses. Concevoir de zéro une nouvelle architecture électrique, des logiciels, des systèmes d’aide à la conduite et des composants électroniques coûterait des milliards et nécessiterait un temps dont ne dispose pas une marque aux volumes de vente aussi faibles.
Mais la valeur de Maserati ne s’est jamais limitée au trident sur le capot. Si la plateforme, la propulsion électrique, les logiciels et une grande partie de l’ingénierie viennent de Chine, la partie italienne devra rendre le résultat final suffisamment distinctif. Porsche peut faire appel aux mêmes fournisseurs que d’autres constructeurs, mais le Cayenne doit malgré tout se conduire comme une Porsche. Maserati est confronté exactement au même défi, mais dans une situation économique bien plus difficile.
L’Europe pourrait figurer parmi les premiers marchés
Les sources industrielles citent le Moyen-Orient, l’Italie, la France et l’Allemagne parmi les premiers marchés étrangers. Le projet revêtirait ainsi également une importance pour l’Europe du point de vue de la politique industrielle : une technologie chinoise arriverait sur le marché par l’intermédiaire d’une marque de luxe italienne et d’une production en partie italienne.
À ce stade, toutefois, l’ensemble du plan doit être considéré comme une intention. De précédentes informations publiées par Reuters confirment que des discussions sont en cours, mais Stellantis, Huawei et JAC n’ont officiellement annoncé ni accord définitif de partenariat ni les deux modèles. Si le projet voit le jour, la question la plus intéressante ne portera donc ni sur la capacité de la batterie ni sur l’accélération jusqu’à 100 km/h. Il sera bien plus intéressant de savoir si l’électronique de Huawei, les capacités industrielles de JAC et la mise au point assurée par Maserati peuvent réellement donner naissance à une Maserati, ou simplement à une très bonne voiture électrique chinoise sous une robe italienne.