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Le Bentley Torcal troque le V8 contre l’électrique et transmet 653 kW aux quatre roues

Auteur auto.pub | Publié le : 24.09.2026

La première voiture électrique de série de Bentley est loin d’être une timide tentative d’adaptation à l’ère électrique. Le nouveau Torcal S transmet 653 kW et 1 350 Nm aux quatre roues, accélère jusqu’à 100 km/h en 2,9 secondes et utilise une batterie d’environ 113 kWh, pour une autonomie annoncée par Bentley allant jusqu’à 600 km. Surtout, le Torcal n’est pas un Bentayga électrique. Bentley en fait sa quatrième famille de modèles à part entière et sa première voiture entièrement nouvelle depuis dix ans.

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Le Torcal sera commercialisé en deux versions. Le modèle standard développe 604 kW et 1 155 Nm, tandis que le Torcal S porte ces valeurs à 653 kW et 1 350 Nm lorsque le Launch Control est utilisé. Bentley présente le S comme la voiture de série la plus puissante de son histoire.

L’ère électrique débute donc à Crewe d’une manière typiquement Bentley : si le moteur thermique doit disparaître, il faut au moins le remplacer par une puissance démesurée.

Le Torcal S atteint 100 km/h en 2,9 secondes

Un moteur électrique est installé sur chaque essieu, ce qui fait du Torcal un modèle à transmission intégrale. Le Torcal standard accélère de 0 à 100 km/h en 3,4 secondes, tandis que sa vitesse maximale est limitée électroniquement à 250 km/h.

Le Torcal S effectue le même exercice en 2,9 secondes et atteint 260 km/h. Ses valeurs maximales de 653 kW et 1 350 Nm sont obtenues avec le Launch Control. Les informations fournies par Bentley confirment qu’il s’agit de la voiture de série la plus puissante de toute l’histoire de la marque.

Ces chiffres sont impressionnants, mais dans l’univers actuel des voitures électriques de luxe, un chrono de 2,9 secondes ne constitue plus une prouesse technique. Tirer une puissance élevée d’un moteur électrique est relativement simple. Pour Bentley, la tâche la plus difficile consiste à faire en sorte qu’une voiture de luxe de plus de cinq mètres, dotée d’une grosse batterie, se conduise comme une Bentley.

Le châssis du Torcal a nécessité bien plus de travail d’ingénierie dans ce domaine que dans la recherche d’un nouveau record d’accélération.

La suspension active s’attaque aux lois de la physique

Le Torcal utilise la nouvelle génération de la suspension active Bentley Active Ride. Chaque roue dispose d’un amortisseur à double valve et d’une pompe hydraulique distincte à commande électrique. Le système peut relever ou abaisser chaque roue individuellement et contrôler les mouvements de la carrosserie sans barres antiroulis rigides conventionnelles.

Un point important sur une lourde voiture électrique.

Une suspension souple améliore le confort, mais laisse la carrosserie s’incliner dans les virages. Une suspension ferme limite le roulis, mais rend la voiture plus instable sur les routes irrégulières. Le système actif tente de dissocier ces deux qualités opposées : la roue peut suivre les irrégularités du revêtement, tandis que l’hydraulique maîtrise les mouvements de la carrosserie.

Le Torcal reçoit également quatre roues directrices. À basse vitesse, les roues arrière braquent dans le sens opposé aux roues avant afin de réduire le diamètre de braquage ; à vitesse plus élevée, elles s’orientent dans le même sens pour améliorer la stabilité.

L’ambition de Bentley est très claire : le Torcal doit offrir le confort d’une Flying Spur, mais un comportement plus proche de celui d’une Continental GT. Le service marketing a au moins la tâche facile. Celui chargé du châssis devra continuer à composer avec les lois de la physique.

600 km d’autonomie et jusqu’à 400 kW de puissance de recharge

La batterie du Torcal affiche une capacité d’environ 113 kWh, et Bentley annonce jusqu’à 600 km d’autonomie selon le cycle WLTP. Le constructeur précise toutefois sur son site européen que les chiffres définitifs de consommation électrique et d’autonomie pour l’UE27 sont encore en attente d’homologation.

Le système électrique repose sur une architecture de 800 V, tandis que la puissance de recharge en courant continu atteint 400 kW. Sur une borne adaptée, recharger la batterie de 10 à 80 % devrait prendre environ 16 minutes. Dans des conditions idéales, Bentley promet de récupérer plus de 240 km d’autonomie en 10 minutes.

Dans la fiche technique du Torcal, c’est la puissance de recharge, plutôt que les 888 ch mis en avant, qui importe le plus.

Une voiture de luxe offrant 600 km d’autonomie doit également pouvoir récupérer rapidement de l’énergie lors de longs trajets sur les autoroutes européennes. Avec une puissance de recharge maximale de 400 kW, le Torcal se place à la pointe des technologies actuelles de recharge pour voitures électriques.

La parenté technique avec Porsche est évidente

Bentley appartient au groupe Volkswagen, et le Torcal n’a pas été développé en vase clos. Son architecture technique est étroitement liée à la plateforme électrique PPE du groupe Volkswagen et, en particulier, au Porsche Cayenne électrique.

Ces similitudes ne doivent rien au hasard. Tous deux utilisent une architecture électrique de 800 V, une transmission intégrale à deux moteurs de forte puissance, une batterie d’environ 113 kWh et une recharge en courant continu exceptionnellement rapide.

Cela ne fait pas pour autant du Torcal une Porsche portant des badges Bentley.

Le partage de plateforme permet aux ingénieurs de Bentley de consacrer leurs ressources aux domaines dans lesquels les acheteurs percevront réellement la différence : réglage de la suspension, niveau sonore, habitacle, matériaux, logiciels, caractère du groupe motopropulseur et ressenti de la direction.

Pour le groupe Volkswagen, une telle répartition du travail est tout simplement logique. Développer la technologie fondamentale d’une voiture électrique de luxe en 800 V est déjà suffisamment coûteux. Il n’existe aucune bonne raison de recréer la même batterie, les mêmes onduleurs et la même architecture électrique pour chaque marque.

Le V8 a disparu, mais pas entièrement sa sonorité

Avec une voiture électrique, le défi de Bentley est un peu plus complexe que pour un constructeur classique. Pendant des décennies, les gros moteurs thermiques ont fait partie de l’identité de la marque : d’abord le célèbre V8 de 6,75 litres, puis le W12 et, plus récemment, les motorisations hybrides à V8.

Un moteur électrique ne possède pas un tel caractère mécanique.

La solution de Bentley s’appelle Dynamic Symphony. Plutôt que de simplement diffuser par les haut-parleurs le son enregistré d’un V8, le système utilise des sons provenant de véritables instruments de musique afin de créer un paysage sonore qui évolue avec l’accélération et les modes de conduite. Bentley le présente comme une tentative de transposer l’attrait émotionnel du V8 à l’ère électrique.

Ce sont finalement les clients qui décideront si une voiture de luxe a besoin d’une sonorité artificielle pour son groupe motopropulseur. Bentley n’a au moins pas réglé la question en se contentant de diffuser dans les haut-parleurs un ancien enregistrement de V8.

Le nouveau visage de Bentley se compose de 76 LED

Le Torcal marque également la première application en série du nouveau langage stylistique de Bentley.

Une voiture électrique n’a pas besoin d’une grande calandre au sens traditionnel, mais Bentley n’est pas disposé à transformer sa face avant en un panneau de plastique lisse. La calandre dite Floating Diamond Grille du Torcal se compose de 76 éléments lumineux à LED, installés individuellement à la main, qui s’allument progressivement lorsque la voiture est déverrouillée.

Dans le même temps, les proportions restent délibérément typiques de Bentley. Le Torcal mesure environ cinq mètres de long, avec un empattement généreux, des épaules arrière musclées et un capot relativement long.

Ce dernier constitue un choix stylistique intéressant pour une voiture électrique. Le groupe motopropulseur électrique permettrait de raccourcir considérablement la partie avant, mais Bentley ne veut pas renoncer aux proportions que les clients associent à la marque.

Le véhicule dispose néanmoins d’environ 90 litres d’espace de rangement à l’avant, tandis que le Torcal offre approximativement 460 litres de volume de chargement à l’arrière.

La voiture électrique doit maintenant prouver que les clients de Bentley en veulent

La principale question entourant le Torcal n’est pas d’ordre technique. Il est possible de fabriquer des moteurs électriques développant 653 kW. Une recharge à 400 kW peut être mise au point. Une suspension active peut au moins partiellement masquer les effets d’une masse considérable. La question la plus difficile est de savoir si une personne dépensant plus de 200 000 € pour une Bentley considère une motorisation électrique comme un luxe ou comme un compromis.

C’est précisément pour cette raison que le Torcal est un modèle exceptionnellement important pour Bentley. Reuters présente essentiellement son lancement comme une tentative visant à déterminer combien de clients fortunés de la marque souhaitent une voiture électrique sans renoncer au caractère traditionnel d’une Bentley.

Bentley a déjà prolongé sa stratégie d’électrification et continuera de proposer des hybrides rechargeables. Le Torcal ne doit donc pas remplacer dès demain les Bentayga, Continental GT et Flying Spur. Il doit prouver qu’une Bentley électrique peut légitimement trouver sa place à leurs côtés.

Cette tâche pourrait se révéler plus difficile que d’atteindre 100 km/h en 2,9 secondes.


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