Publicité
BYD Sealion 5 @ ANCAP
Fullscreen image

Le BYD Sealion 5 échoue au nouveau test de l’ANCAP, mettant fin à la série de cinq étoiles de la marque

Auteur auto.pub | Publié le : 01.10.2026

Habitué aux notes maximales en matière de sécurité, BYD voit sa série s’interrompre en Australie avec le nouveau Sealion 5 DM-i. Ce SUV hybride rechargeable n’a obtenu que trois étoiles selon le nouveau protocole d’évaluation, plus exigeant, de l’ANCAP. Derrière les chiffres, le principal problème tient moins à la résistance de la structure en cas de choc qu’à l’absence de certains dispositifs électroniques de sécurité et aux performances insuffisantes d’autres systèmes.

Publicité

L’Australasian New Car Assessment Program (ANCAP) a publié ses résultats le 29 septembre. L’organisme a évalué le Sealion 5 et le grand BYD M9 selon ses nouvelles exigences pour 2026–2028. Le M9 a obtenu cinq étoiles, contre trois pour le Sealion 5. Ce dernier devient ainsi le premier modèle BYD évalué par l’ANCAP à ne pas recevoir la note maximale.

Le problème n’est pas les 4 %, mais les 48 %

La nouvelle évaluation de l’ANCAP ne se limite plus à demander si une voiture résiste bien à un choc. Elle se répartit en quatre grands domaines, dans chacun desquels un constructeur doit obtenir de bons résultats pour décrocher une note globale honorable.

Les résultats du Sealion 5 sont révélateurs : sécurité de la conduite : 48 % évitement des collisions : 51 % protection en cas de collision : 79 % sécurité après collision : 74 %

Il serait donc réducteur de dire que le Sealion 5 a simplement obtenu de mauvais résultats aux essais de collision. Son score de 79 % pour la protection physique en cas de choc est honorable. Selon l’ANCAP, la voiture protège globalement les adultes et les enfants de manière satisfaisante, même si de nouvelles simulations virtuelles et des essais sur chariot ont mis en évidence une protection plus faible pour les occupants de grande taille et lors de collisions plus graves.

Les deux premiers scores expliquent davantage les trois étoiles.

Le système de maintien d’urgence dans la voie n’a pas convaincu

L’une des critiques les plus précises concerne le système de maintien d’urgence dans la voie. Lors des essais de l’ANCAP, celui du Sealion 5 n’est pas intervenu dans des situations où la voiture se dirigeait vers le bord de la route.

En 2026, il ne s’agit plus d’un équipement optionnel rare. L’ANCAP évalue cette fonction depuis 2018. L’importance que lui accorde l’organisme se comprend : les statistiques australiennes montrent que les sorties de route involontaires représentent une part importante des accidents graves.

Il manquait aussi toute une série d’équipements de plus en plus attendus sur une voiture moderne.

Dans la configuration australienne testée par l’ANCAP, le Sealion 5 ne propose pas de système détectant la présence d’un enfant laissé à bord. Il lui manque également un dispositif de détection d’une ceinture mal attachée, un système de classification des occupants selon leur taille et une fonction limitant la puissance du moteur si le conducteur appuie par erreur sur l’accélérateur à basse vitesse alors qu’un piéton se trouve devant la voiture.

Cette dernière fonction peut sembler n’être qu’une assistance électronique de plus. Mais il suffit de penser aux parkings à étages, aux entrées de magasins ou aux situations où, pris de panique, quelqu’un appuie sur l’accélérateur au lieu du frein.

Pas d’appel d’urgence non plus

Le Sealion 5 a obtenu un bien meilleur résultat pour la sécurité après collision, avec 74 %. La gestion thermique de la batterie haute tension de cet hybride rechargeable, le freinage après une première collision et les dispositions permettant de sortir du véhicule après un accident ont globalement répondu aux attentes de l’ANCAP.

Il reste toutefois une lacune importante : le Sealion 5 australien ne dispose pas de la fonction eCall.

Une distinction essentielle s’impose pour les acheteurs européens. Il ne faut pas supposer d’emblée que l’équipement du véhicule testé en Australie est identique à celui du modèle européen. L’Union européenne impose des exigences différentes aux voitures neuves en matière de réception et de sécurité, notamment l’appel d’urgence automatique. Les trois étoiles de l’ANCAP reflètent donc avant tout le niveau de sécurité du Sealion 5 dans sa configuration destinée à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande.

La comparaison la plus embarrassante vient d’un autre modèle BYD

BYD pourrait expliquer assez facilement ce mauvais résultat par le changement de règles de l’ANCAP en 2026. Le nouveau protocole est effectivement plus exigeant qu’auparavant et évalue beaucoup plus largement la sécurité active, la surveillance du conducteur et les fonctions intervenant après une collision. Mais le BYD M9, testé au même moment, rend cet argument difficile à tenir.

Publicité

Le M9 à sept places a été soumis exactement à la même évaluation 2026–2028 et a reçu cinq étoiles. Il a obtenu 89 % pour la protection en cas de collision, 78 % pour l’évitement des collisions, 75 % pour la sécurité de la conduite et 100 % pour la sécurité après collision.

Plus révélateur encore, le M9 dispose de plusieurs systèmes absents du Sealion 5, notamment la détection de la présence d’un enfant, la classification des occupants selon leur taille et eCall.

La question n’est donc pas de savoir si BYD sait construire une voiture répondant aux nouvelles exigences de l’ANCAP. C’est le cas. Le Sealion 5 n’a simplement pas reçu un ensemble de dispositifs de sécurité aussi complet.

L’ANCAP a acheté lui-même la voiture testée

Un autre aspect de cette affaire sort de l’ordinaire. Selon Carla Hoorweg, directrice générale de l’ANCAP, BYD a généralement pris l’initiative de soumettre ses voitures aux essais, mais le Sealion 5 ne faisait pas partie des modèles pour lesquels le constructeur avait lui-même demandé une évaluation de l’organisme.

L’ANCAP a choisi de tester ce véhicule de sa propre initiative afin de fournir aux acheteurs des informations indépendantes sur sa sécurité. La note de trois étoiles s’applique aux versions Essential et Premium en Australie.

Le résultat est d’autant plus embarrassant pour BYD que le Sealion 5 n’est pas un ancien modèle marginal dont le constructeur écoulerait discrètement les derniers exemplaires sur le marché d’un pays en développement. C’est un nouvel hybride rechargeable commercialisé en Australie et en Nouvelle-Zélande depuis janvier 2026.

Le Sealion 5 arrive aussi en Europe

C’est ce qui rend le résultat australien nettement plus pertinent pour les acheteurs européens. BYD a ajouté le Sealion 5 DM-i à sa gamme européenne. Le site européen du constructeur le présente déjà comme un nouveau « Super Hybrid SUV ». Le résultat de l’ANCAP ne peut donc pas être écarté en Europe comme une simple curiosité venue d’un autre continent. Mais il serait tout aussi erroné d’affirmer que le Sealion 5 européen mérite automatiquement trois étoiles.

Euro NCAP n’a pas encore publié de note de sécurité comparable pour le Sealion 5 européen. Les méthodes de l’ANCAP et d’Euro NCAP sont apparentées et accordent toutes deux une importance croissante à la sécurité active, mais leurs notes en étoiles ne sont pas directement transposables d’un système à l’autre.

Surtout, les équipements de sécurité du modèle européen peuvent différer de ceux de la version australienne. Les acheteurs européens doivent donc attendre le résultat d’Euro NCAP. L’ANCAP a néanmoins déjà montré les points que les évaluateurs devront examiner de près.

Trois étoiles : un problème plus sensible pour BYD que pour d’autres marques

Le résultat du Sealion 5 tranche précisément avec les précédents de BYD. Tous les modèles de la marque évalués jusqu’ici par l’ANCAP avaient obtenu cinq étoiles. Le Sealion 5 met fin à cette série.

Cela intervient alors qu’en Europe, BYD dépasse de plus en plus nettement son statut d’alternative chinoise à bas prix pour devenir un concurrent direct de Volkswagen, Toyota, Hyundai, Kia et d’autres grands constructeurs. Dans ce contexte, une note de sécurité contribue à la crédibilité d’un modèle : ce n’est plus seulement un logo relégué à la dernière page d’une brochure commerciale.

Le fait que la structure et les airbags n’aient pas été le principal problème est particulièrement instructif. Dans une évaluation moderne de la sécurité, un constructeur peut produire une voiture relativement robuste et ne recevoir que trois étoiles si ses systèmes électroniques ne parviennent pas à la maintenir sur la route au bon moment, ou si certains équipements déjà proposés par la concurrence lui font défaut.

Le Sealion 5 l’a démontré à BYD, à un coût considérable.